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De l’importance d’ARM

Important, le CPU?

Jusqu’il y a 2 ans, le besoin de puissance ne se faisait pas vraiment ressentir sur un smartphone. Il y avait alors Windows Mobile, et Symbian S60, tous deux,et c’est malheureux, pas très attractifs niveau eye-candy. Je prends d’ailleurs soin de ne pas parler de l’iPhone et d’UIQ: le premier étant spécifique à un matériel précis, le second n’étant plus de nos jours.)

On se contentait alors d’un processeur ARM11, dont la fréquence oscillait entre 200 et 528Mhz, couplé à entre 64 et, soyons fou, 192Mo de RAM. Et à vrai dire, on avait pas besoin de beaucoup plus.

Maintenant, il y a beaucoup plus de besoins niveau puissance de calcul, et la première chose que l’on se demande lorsque l’on est confronté à un nouveau smartphone est « Est-il réactif? ». Ca paraît tout bête, mais normalement, on est en droit de s’attendre à une vitesse optimale quand on achète un téléphone – qui plus est un smartphone, souvent assez cher.

Et maintenant, les besoins explosent, et il suffit de voir Android pour s’en rendre compte: en 1 an, pas moins de 5 versions ont vu le jour, chacune apportant son lot d’amélioration. Et pourtant, le CPU reste le même, ce bon vieux processeur ARM11 @528Mhz, basé sur le jeu d’instructions ARMv6.

C’est vrai, de plus en plus de smartphones annoncés, ou déjà existants, se basent sur la « nouvelle » architecture d’ARM, Cortex A8, basé sur les instructions ARMv7. Ainsi, entre le processeur TI OMAP 3430 du Palm Pre et du Motorola Droid, le Snapdragon de l’HTC Touch HD2 et de l’X10, tous utilisent cette technologie.

Comment ça, « tous »?

Bah en fait, ARM ne fait qu’imaginer les architectures, pour les licencier à de vrais fabricants, qui se chargent de créer un SoC (System-on-a-Chip, c-à-d un chipset complet, avec un processeur, un composant d’accélération graphique, etc.., sur une puce. Un peu à la manière du Snapdragon de Qualcomm).

Ainsi, grâce à ce système, chaque fabricant peut améliorer son SoC, modifier un peu, beaucoup, l’architecture, pour être le plus compétitif possible.

Le problème, c’est que ces architectures mettent des ans avant d’être réellement utilisée dans un smartphone ou un MID.

Ainsi, Snapdragon, la plateforme qui est sur toutes les lèvres, a été annoncée par le fondeur Qualcomm il y a déjà plus de 3 ans.. Oui, c’était en Novembre 2006. 3 longues années avant que l’on daigne l’implémenter sur un smartphone, l’HTC Touch HD2 en l’occurrence.

Encore pire, l’architecture Cortex A8 remonte à 2005. Imaginez alors la puissance des architectures qui sont maintenant en élaboration!

Du nouveau, bientôt

Eh oui, chacun innove, et ça promet:

nVidia a annoncé sa propre architecture basée sur un CPU ARM et un accélérateur graphique par nVidia, Tegra. Tegra qui, rappellons-le, équipe déjà le Zune HD de chez Microsoft;

-Le Tegra II: devant arriver probablement l’année prochaine, le SoC Tegra 2 permettra, grâce au dédoublement de la puissance de calcul par rapport à la première version, déjà très puissante, d’atteindre des machines plus puissantes, telles que des PC Portables, ou des netbooks.

D’ailleurs, Qualcomm innove aussi, en ajoutant le chipset MSM7X30, aussi basé sur le jeu d’instructions ARMv7, qui équipe aussi Snapdragon (QSD8X50); un peu moins haut-de-gamme, le MSM7X30 va néanmoins permettre de combler l’écart pharaonique entre le vieux CPU ARM11 @528Mhz et les CPU Cortex A8, tels que le Snapdragon.

Ainsi, après le Cortex A8, la gamme Cortex continue, avec deux nouvelles architectures, toutes deux utilisant d’abord une gravure en 40nm puis en 28nm:

-Le Cortex A9: La nouveauté phare d’ARM: le nec plus ultra des années à venir. Jusque 2Ghz; 250mW de TDP par coeur; 8Mo de cache L2; 2,4,8, voire même 16 coeurs d’éxécution. Une vraie bête, jugez-en vous même: D’abord, la version normale @2Ghz est aussi puissante que le processeur Intel Xeon 5160 @3Ghz; la version économe, @800Mhz, est plus puissante qu’un Intel Core2Duo @1.2Ghz. Tout ça pour une fraction de la consommation et de la dissipation thermique. Wow.

-Le Cortex A5: Dévoilée il y a un mois, cette plateforme reprendra le fameux slogan OMO: petit et puissant. En effet, alors qu’il est plus petit, plus économe, et moins dissipateur de chaleur que les précédentes architectures, il supportera jusque 4 coeurs d’éxécutions, permettant même d’être aussi puissant (voire plus) que l’Atom d’Intel qui équipe nos netbooks.

Même les netbooks?

Oui! Combinez ça à ChromeOS, Android, ou n’importe quelle autre distribution Linux adaptée, et ça fait des chocapics un smartbook!

Je vous invite d’ailleurs à lire le très bon article de chez CNet. [EN]

On voit donc qu’ARM occupe une place centrale pour Android, mais aussi pour ChromeOS. D’ailleurs, ARM vient tout juste d’ouvrir un portail dédié aux développeurs Android.

Bientôt, ARM va peut-être détrôner l’architecture x86 d’Intel dans les marchés « portables » (en opposition à « mobiles », où ARM a déjà un quasi-monopole)

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