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Etude: Pourquoi l’iPhone domine

Ce post est le n° 1/2 dans Les OS mobiles

Cela fait quelques annĂ©es (dĂ©jĂ ) que l’iPhone existe, se dĂ©clinant sous trois versions successives, que l’on connait tous très bien. Mais dès son lancement, il a fait l’unanimitĂ©. Et d’ailleurs, c’est encore l’iPhone qui domine, et de loin, le monde des smartphones. Pourquoi? (Ă  part bien sĂ»r le fait que ce soit l’idĂ©e du gĂ©nialissime Steve Jobs. Mais bon)

En fait, plusieurs facteurs ont contribuĂ© au succès du tĂ©lĂ©phone, de l’OS Ă©ponyme (c’est les restes du Bac de français ça), du couple des deux en fait. DĂ©cryptage.

Du matériel puissant

On le sait, un des critères principaux dans l’acquisition d’un smartphone, d’un tĂ©lĂ©phone ou d’un gadget en gĂ©nĂ©ral, c’est les caractĂ©ristiques techniques. Et très souvent, chaque marque propose plusieurs produits, appartenant Ă  plusieurs gammes, avec un premier produit très peu puissant techniquement, et du haut de gamme très cher.

Avec cette mĂ©thode, chacun y trouve finalement son compte, l’acheteur pouvant trouver un produit adaptĂ© Ă  son portefeuille, le fabricant proposant un large Ă©ventail de produits, et donc augmentant ses ventes.

Mais deux problèmes se posent:

- Pour l’acheteur, les diffĂ©rences sont souvent Ă©normes entre les diffĂ©rents produits, et souvent, le produit d’entrĂ©e de gamme est trop cher comparĂ© Ă  ses caractĂ©ristiques. Alors que le produit haut de gamme est souvent inabordable, de par cette fois ses caractĂ©ristiques élevĂ©es. Et, inondĂ© de produits, le consommateur ne sait plus oĂą donner de la tĂŞte, et est vite perdu dans la jungle des smartphones.

- Pour le fabricant, il faut adapter l’OS, et les Ă©ventuelles modifications qu’il y fait (Prenons l’exemple d’HTC), Ă  chaque modèle. Et ça, ça prend du temps. Donc ça coĂ»te de l’argent. Et ça se ressent sur le prix final, forcĂ©ment.

Quand on voit le nombre de smartphones, (et encore, je n’Ă©voquerais pas les tĂ©lĂ©phones classiques, les dumbphones) on se demande pourquoi tant de modèles? Quand on voit les masses de LG, de Samsung, (les autres marques aussi) tous plus basiques les uns que les autres, avec le mĂŞme processeur Qualcomm ARM 528Mhz, le mĂŞme appareil photo, les mĂŞmes technologies, pourquoi acheter l’un et pas l’autre? Pour un petit dĂ©tail, une fonctionnalitĂ© en plus, un clavier physique, de meilleures vidĂ©os, etc..

Mais, pourquoi ne pas Tout mettre Ă  la fois? J’attendais un tĂ©lĂ©phone qui intègre tout ce qui se fait de bon dans le domaine des smartphones depuis longtemps. Trop longtemps. Et puis l’iPhone est venu, et il a tout chamboulĂ©.

Apple. Ou l’art du Marketing.

On connaĂ®t Apple. Apple ne vend pas un produit. Apple ne vend pas des produits. Apple vend une manière de vivre, un lifestyle. Comme le remarque parfaitement le Steve du Pdf, regardez une publicitĂ© d’iPod. Vous voyez les fonctionnalitĂ©s mises en avant? Une batterie qui dure plus longtemps? Un meilleur son? Que nenni. Apple pense Ă  ses clients; Apple sait que ses clients, s’ils sont contents, feront passer le message, deviendront peut-ĂŞtre des fanboys Apple (fan pour fanatique, d’ailleurs), et achèteront encore plus de produits Apple. Je sais que si je franchis le pas en achetant un MacBook (ce que je ferais), je ne saurais pas me contenir pour acheter autre chose.

Apple sait prendre quelque chose de complexe, en additionnant ce qui se fait de mieux (et cette fois je parle de l’Apple d’après le retour de Steve Jobs), pour en faire quelque chose simple d’utilisation, classe, stylĂ©. Regardez un MacBook. Sobre, Ă©lĂ©gant, reconnaissable entre mille. Regardez OSX; simple, pratique, efficace.

Maintenant, regardez une publicitĂ© pour l’iPhone. La publicitĂ© vous parle rapidement de ses fonctionnalitĂ©s principales. Elle vous montre ce que « sait faire » l’iPhone. Elle vous montre qu’il « y a une application pour ça ». Et regardez attentivement. Le fond est blanc. On ne voit qu’une main, et puis le produit. Sobre, Ă©lĂ©gant, reconnaissable entre mille.

iPhoneOS. MacOSX, portable.

Pour revenir Ă  ce qui m’intĂ©resse, Geek que je suis, le matĂ©riel des versions successives d’iPhone s’amĂ©liore sans cesse. Tout ce qui se fait de mieux est intĂ©grĂ©. Avec le 3Gs, on se demande ce qu’il manque. Le processeur est maintenant un Cortex A8, avec unvrai cache L2. Et plus cette bouse de A11 (bouse façon de parler hein. La technologie ARM A11 est clairement bien pensĂ©e, je ne le nie pas. Mais elle commence Ă  dater. Vraiment.)

Toutes les lacunes de l’iPhone 2.5G, puis 3G, ont Ă©tĂ© comblĂ©e. Mais ce qui fait de l’iPhone un smartphone aussi efficace, c’est son OS. Regardez le Toshiba TG01, avec son processeur Snapdragon A8, Ă  1Ghz. Toutes les bonnes caractĂ©ristiques Ă©taient lĂ , avec un Ă©cran Ă©norme (4.1″, ça rigole pas) qui plus est. Pourtant, c’Ă©tait un flop, si je l’ose dire. Devinez pourquoi? A cause de WinMo, of course.

iPhoneOS. Apple a su, en Ă©crivant un OS from scratch, intĂ©grer, avec un bon flair, le multitouch, et gĂ©nĂ©raliser l’utilisation du tactile. (alors que c’Ă©tait le fond de commerce d’UIQ depuis des lustres. MĂŞme si Psion ça date beaucoup quand mĂŞme). Et ce, en le rendant simple d’accès.

Je ne vais pas trop m’apesantir sur l’OS iPhone. Chacun le connaĂ®t assez pour savoir le juger.

Ce qui est plus intĂ©ressant, c’est le fait de n’offrir l’OS que sur les produits Apple. Et ça, ça fait la diffĂ©rence. On passe d’une plĂ©thore de produits, Ă  deux, l’iPhone, et l’iPod touch. Exit donc, les problèmes d’adaptations des logiciels aux diffĂ©rents modèles, aux problèmes de prix entre les gammes.

Regardez UIQ. Je considère encore que si Nokia et Motorola ne l’avaient pas ruinĂ©, UIQ dominerait les smartphones, d’ici la fin de l’annĂ©e.

UIQ Ă©tait en avance sur son ère. Cette interface, pour l’OS Symbian, a disparu Ă  cause, je le crois, du concept de l’OS: il fallait le rendre compatible avec un maximum de formats, pour que toutes les utilisations soient possibles, permettant de sortir un maximum de produits, et donc de vendre un maximum. Un peu le genre de Windows Mobile, mais en mieux, en gros. Permettre des tailles, des orientations d’Ă©cran diffĂ©rentes. Des Ă©crans tactiles ou pas. Des claviers complets, numĂ©riques, ou pas. Etc..

C’est la plus grande erreur de l’histoire des smartphones (comment ça l’histoire des smartphones est toute rĂ©cente?!), AMHA. PlutĂ´t que de se concentrer sur un OS, adaptĂ© parfaitement Ă  un modèle dĂ©fini, on essaie de faire un OS versatile au maximum.

Ce que je dis lĂ  est un peu hypocrite, j’en suis conscient. Il n’y a qu’Apple pour pouvoir faire ça. Pour pouvoir crééer un OS spĂ©cialement pour ses modèles. Son modèle. Regardez les MacBook et MacOS. MacOS est gĂ©nial, mais il est gourmand en performance, et nĂ©cessite un grand Ă©cran, une grande dĂ©finition. Et cela est possible parce que Apple sait que tout les ordinateurs tournant MacOS seront des Mac. C-Ă -d des bĂŞtes de guerre, Ă  plusieurs milliers de $.

Cela me rappelle un article très intĂ©ressant, publiĂ© sur Gizmodo. Matt Buchanan y expliquait pourquoi les Standards Ă©taient quelque chose de vital pour Apple. pourquoi ils se devaient de toujours innover, d’ajouter des choses, et d’en faire des standards; et puis de les rendre communs Ă  tout leurs produits. Une « marque de fabrique », en quelque sorte.

Et en fait, Apple a rĂ©ussi son coup. Alors que MacOSX augmente constamment, atteignant presque la dizaine de % d’ordinateurs fonctionnant dessus, l’iPhone a rĂ©ussi Ă  s’imposer en 2ans, et Ă  rĂ©volutionner le monde des smartphones. Avant, on voulait juste faire un autre smartphone. Avec le mĂŞme processeur, un clavier peut-ĂŞtre plus large. Un Ă©cran plus grand. Ou autre. Ensuite, on a voulu faire un iPhone-killer, en imitant, plus ou moins bien d’ailleurs, les capacitĂ©s du flagship Apple.

Maintenant, on veut innover. On veut faire un vrai smartphone. HTC commence d’ailleurs Ă  faire des choses magnifiques (mĂŞme si leurs tĂ©lĂ©phones Ă©taient aussi auparavant Ă  la pointe de la technologie. Bon, un pointe pas vraiment taillĂ©e quoi.), avec une interface spĂ©cialement créée, avec des Touch HD2, des Hero.

Et l’interface spĂ©cialement créée, c’est comme si on prenait le noyau WinMo, qu’on le rendait commun Ă  plusieurs form-factors et qu’on ajoutait par dessus une surcouche, adaptĂ© au type de tĂ©lĂ©phone que l’on utilise. Émuler un OS spĂ©cifique, en quelque sorte.

Et puis avec Android, tout cela s’accĂ©lère. Entre les Motorola Cliq et Sholes/Tao/Droid, le Sony Ericsson Xperia X3, l’HTC Hero, l’Acer Liquid/A1, c’est une foultitude de tĂ©lĂ©phone, tous avec des caractĂ©ristiques techniques plus époustouflantes les unes que les autres, tous avec des surcouches plus ou moins peaufinĂ©es. Et avec un prix consĂ©quent.

Mais il y a un prix Ă  payer pour ĂŞtre Ă  la pointe de l’innovation. Ce prix, je suis capable de le payer, comme une communautĂ© entière de Geeks.

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